Cheminer vers l’éveil de la conscience

Si seulement on pouvait le résumer en un mot.
S’il existait une définition universelle, claire, à laquelle se référer.
Si seulement on pouvait en prévoir le moment, l’heure exacte où tout bascule.

Mais si c’était si simple… le voyage vers l’éveil de la conscience ne serait pas aussi unique, ni aussi vibrant.

 

Selon le dictionnaire Larousse, l’éveil de la conscience se définit comme « une représentation mentale claire de l’existence, de la réalité de telle ou telle chose. Connaissance intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur ».

Une belle amorce.
Mais selon mon expérience, l’éveil va bien au-delà de la connaissance de soi ou du monde qui nous entoure.
C’est la reconnaissance que la conscience — l’esprit — dépasse largement les limites du corps physique. Notre corps est le véhicule précieux qui nous permet de vivre l’expérience humaine dans la matière. Mais notre conscience, elle, est infinie. Elle se relie à tout ce qui vit, à tout ce qui existe dans l’univers.

À travers cette reconnexion, on entre en contact avec notre pouvoir divin, cette capacité d’unir le visible et l’invisible, le tangible et le subtil. C’est un état de clarté intérieure, une vision pure du réel, où l’on perçoit les êtres, les événements, les choses pour ce qu’ils sont véritablement — sans masque, sans illusion.

L’éveil peut survenir d’un seul coup, à la suite d’un événement marquant, ou se déployer doucement, au fil du temps, dans le simple fait de vivre pleinement le moment présent. Pour moi, il a pris la forme d’un lent déploiement, une ouverture progressive, tissée de rencontres, d’expériences et de prises de conscience.

Et il y a eu un moment-clé, un passage inoubliable que je porte encore en moi. Laissez-moi vous raconter. 

 

Mon premier grand pas

Si je remonte le fil du temps, je dirais que tout a réellement commencé en 2011, lorsque je me suis initiée au yoga. Deux années d’une pratique assidue ont nourri un profond désir : celui de devenir professeure, pour transmettre à mon tour.

Puis, à la fin de 2014, lors de mon premier voyage en Inde, quelque chose d’extraordinaire s’est produit. À ce moment-là, je ne le savais pas encore, mais je venais de franchir une grande porte sur le chemin de l’éveil.

Amoureuse de l’Asie et voyageuse dans l’âme, je m’étais envolée pour cinq semaines dans le Kerala, au sud de l’Inde, afin de suivre une formation intensive en Hatha yoga.

Un jour de congé, avec trois autres yogis, nous sommes entrées dans une boutique aux allures de caverne d’Ali Baba : coussins, bijoux, bols tibétains, objets sacrés… Rien ne retenait vraiment notre attention, jusqu’à ce que le propriétaire sorte de l’arrière-boutique. En apprenant que nous étions en formation, il nous confia être guérisseur Reiki, et proposa à chacune un soin sonore aux bols tibétains.

J’étais la seule à hésiter. Les trois autres ont accepté sans réfléchir. Alors que nous allions partir, il m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit doucement :

« Tu es sûre de ne pas vouloir essayer ? Après tout, qu’est-ce qui pourrait t’arriver ? »


Ces mots ont résonné.
Je me suis dit : Tu es en Inde, fais-le. Ouvre-toi à l’expérience.

Je me suis assise sur un petit coussin. Il a déposé sur ma tête un immense bol tibétain. Trois sons profonds ont résonné, et les vibrations ont glissé le long de mon crâne, se propageant dans tout mon corps.

En un instant, une vague m’a traversée. Une vague de tristesse, de colère, de douleur enfouie depuis si longtemps… tout est remonté à la surface. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, pendant des jours.

Sur le moment, je ne comprenais pas tout ce qui venait de se produire. Mais avec le recul, j’ai saisi que ce guérisseur venait d’ouvrir une brèche : il avait libéré les résistances qui m’empêchaient d’avancer vers les prochaines étapes de mon éveil.

 

Depuis, d’autres passages ont marqué mon chemin. En 2016, j’ai quitté mon emploi stable pour suivre ma mission de vie : accompagner l’humain.e à s’aligner à sa vraie nature et retrouver son essence. Cette même année, je suis retournée en Inde pour une seconde formation intensive, cette fois en Vinyasa yoga. Puis en 2020, un troisième voyage en Inde, suivi d’une retraite Vipassana de dix jours à Montebello.

Je suis sortie du silence le 15 mars 2020, en même temps où le monde s’arrêtait. Ce moment a profondément ancré en moi l’importance de la présence, du souffle et du calme intérieur.

Depuis, chaque journée commence par un rituel sacré : la méditation. Un rendez-vous avec moi-même. Une façon de me recentrer, de libérer les tensions, d’habiter pleinement mon corps et ma lumière. D’ailleurs je retourne à Vipassana en décembre de cette année 2025 pour boucler une boucle et finaliser l’intégration de tous les apprentissages que j’ai reçu sur mon chemin jusqu’ici.

Je t’invite à expérimenter la méditation dans un cadre doux et simple pour cheminer à ton rythme.

 

Méditation – Libérer les tensions

Installe-toi confortablement, dans l’assise de ton choix.
Sens la terre te porter. Laisse ton corps s’enraciner.

Ferme les yeux.
Observe ton souffle. Laisse-le t’emmener à l’intérieur.
Balaye lentement ton corps du sommet de la tête jusqu’aux orteils.
À chaque inspiration, identifie les zones de tension.
À chaque expiration, relâche.
Doucement. Encore et encore.
Jusqu’à ce que tout s’apaise.
Et dans cet espace de calme, souviens-toi : l’éveil ne se cherche pas, il se vit.
Il se révèle dans la simplicité de chaque instant, dans le silence entre deux respirations, dans la paix retrouvée à l’intérieur de soi.


 

Cheminer vers l’éveil de la conscience, c’est avant tout accepter de ne plus chercher à comprendre, mais simplement à ressentir.
C’est un retour à soi, une redécouverte de la vie dans toute sa subtilité.
Sur cette route, il n’y a ni destination finale ni ligne d’arrivée : seulement une succession d’expansions, de détachements, de renaissances.

Chaque expérience, chaque rencontre, chaque respiration devient une porte vers plus de clarté et d’amour.
Et plus j’avance, plus je réalise que l’éveil n’est pas un état à atteindre, mais une façon d’habiter le monde — avec présence, gratitude et douceur.

C’est un art de vivre.
Un art d’être.
Un art d’aimer.

 

Sophie Bienvenue, a

uteure du livre Les Chroniques d’une yogi, cultiver et vivre l’équilibre, elle ne compte plus les journaux de bord qu’elle a remplis par les récits de ces voyages autour du monde. Sa passion pour l’écriture la suit au quotidien par le journaling et dans chacune de ses aventures. Entre 2016 et 2021, elle jumèle ses deux passions pour le yoga et l'écriture, en rédigeant un grand nombre d’articles sur les bienfaits du yoga dans le magazine Mieux-être.

Enseignante, coach et slowpreneure à l’âme voyageuse, sa mission est d’accompagner son prochain à se connecter à son essence et faciliter l’harmonie dans les différentes sphères de sa vie.

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